« Adieu Monsieur Gérard Gaudin »

Il y a quelques jours, Gérard Gaudin, Vice-président et ancien Président du Conseil départemental, nous quittait des suites d’une longue maladie. Ses obsèques ont eu lieu ce matin, à Genouillac. La Présidente, Valérie Simonet, lui a rendu hommage. Au même moment, les agents du Département se recueillaient.

« Adieu Monsieur Gérard Gaudin »

Discours prononcé par Valérie Simonet, Présidente du Département, lors des obsèques de Gérard Gaudin :
« La valeur d’un homme tient dans sa capacité à donner, et non dans sa capacité de recevoir. »

Ces quelques mots empruntés à Albert Einstein reflètent le don de soi, un don de soi désintéressé, qui s’exprime en pleine sagesse et indépendance…, Gérard Gaudin.

Chers vous tous, ses proches, ses êtres chers, vous qui avez été ses piliers, ses joies, ses bonheurs, sa force…

Nous sommes, ce matin, réunis pour l’hommage que nous nous devons de rendre à celui qui a tant donné pour son Département, pour ceux qu’il côtoyait, pour ceux qu’il accompagnait, toujours et encore, jusqu’au bout de son engagement.

Originaire de la région parisienne, Gérard Gaudin s’était installé à Châtelus-Malvaleix, en 1974, à l’âge de 24 ans. Le jeune vétérinaire de l’Ecole de Maison Alfort, n’était jamais reparti de sa terre d’adoption, et c’est de nuit comme de jour, hiver comme été, week-ends et jours fériés, qu’il aidera les agriculteurs dans leurs pratiques d’élevage, ici, dans le nord du département.

En 1977, il va s’engager dans la vie politique locale : élu conseiller municipal de Châtelus, il en deviendra maire de 1983 à 1995. Et c’est le sens qu’il souhaitait donner à sa vie qui va trouver résonnance au service de l’intérêt général.

Le canton de Châtelus va trouver en lui son nouveau conseiller général et c’est en 1985, qu’il rejoindra ses pairs à l’assemblée départementale. Il assumera les fonctions de vice-président en charge des routes, des infrastructures, des bâtiments, de 1994 à 1998. Il va créer un nouveau Laboratoire d’Analyses, moderne, qu’il fera bâtir à Ajain, et c’est avec lui que nous avons fêté les 20 ans de ce labo, il y a deux ans. Ce sont ses connaissances et ses compétences qui nous auront permis d’avoir encore aujourd’hui, un équipement performant, reconnu et envié.

En 1998, il succèdera à Bernard de Froment et sera choisi par ses collègues pour être le Président du Conseil général, jusqu’en 2001.

Engagement difficile pour lui, abandonner sa profession, son cabinet, ses clients ? Il ne pouvait renoncer à ces contacts humains qu’il entretenait avec les habitants de son territoire, et c’est avec courage qu’il va enchaîner ses deux vies, vétérinaire et Président.

Tous vont découvrir alors ses capacités incroyables, son intelligence vive et cette force morale et physique qui le caractérisait si bien.

Si la création du SSIAD de Genouillac qu’il continuait de présider, l’avait tout naturellement conduit à se préoccuper des personnes âgées isolées, il fût un appui essentiel au Préfet lors des mesures qu’il fallut prendre lors de la tempête de 1999, engageant les Maisons de retraite à se munir de plans de gestion de crise. Dès lors, sa mobilisation dans notre SDIS auprès des pompiers, sera entière, tout comme à l’office public HLM creusois, à l’Hôpital Spécialisé de La Valette, et dans tant d’associations départementales et locales, auxquelles il apportera un soutien constant.

Il sera dans l’opposition, un chef de groupe respecté, parfois craint tant sa mémoire rappelait des événements que certains auraient oubliés, mais toujours dans le respect de l’autre, qu’il soit de son camp ou pas.

Notre collectivité départementale, il la connaissait mieux que personne, il en maîtrisait le fonctionnement, et les arcanes financières… il en appréciait les agents, dans toute leur diversité de métiers. Il aimait les rencontrer et échanger avec eux.

Et alors qu’il n’avait plus rien à prouver, élu et réélu 4 fois de suite Conseiller général, alors qu’il nous disait à nous « ses jeunes », « je ne repartirai pas pour un autre mandat, je suis fatigué…  », l’envie de nous aider à bâtir un nouveau projet pour la Creuse, le nouveau format des élections de 2015 en binôme femme/homme, ne plus être seul sur son canton… Hélène Pilat qui voulait bien s’investir à ses côtés, tout cela avait fini par le convaincre qu’il pouvait encore « bien faire » pour le nouveau canton de Bonnat et le Département.

En avril 2015, c’est ainsi que tous les deux, Hélène et Gérard seront choisis par les électeurs et deviendront leurs Conseillers départementaux.

Au soir du second tour, ce n’est pas sans une immense joie qu’il m’appellera pour me dire « on a gagné poussinette… tu es Présidente, mais je te préviens, ça va pas être facile ! ». Ce n’est que quelques semaines plus tard, alors que j’avais souhaité qu’il soit le Premier Vice-Président en charge des Finances et du Budget, que nous avons compris qu’elle était réellement la situation financière dans laquelle était le Conseil départemental.

Je dois vous dire que dès lors, nous avons passé de plus en plus de temps ensemble, devant des chiffres, des analyses graphiques, des tableaux financiers, et que sans jamais baisser les bras, nous avons tenu bon, nous savions ce qu’il fallait faire, et nous avons ensemble assumé nos choix, fussent-ils douloureux et parfois difficiles à prendre.

Cela en valait la peine, et il savait. Et c’est en février dernier, au moment où il présentait le budget 2019, qu’il aura eu cette joie et cette satisfaction à juste titre, de nous montrer que les indicateurs financiers de notre collectivité venaient de passer au vert.

Merci Gérard : ce sont tous les vice-présidents, les élus, les agents de la collectivité qui peuvent désormais mettre en place de nouvelles politiques, de nouveaux projets, financer le Très-Haut Débit, la réfection des routes départementales, avec un peu plus de sérénité.

Homme charismatique et brillant, la République a reconnu ses mérites et l’a distingué par les titres honorifiques dans l’ONM, de l’OMA, des Palmes académiques et de la Légion d’Honneur.

Dans un instant, parce que malheureusement son état de santé ne nous l’avait pas permis plus tôt, nous remettrons, Madame La Préfète et moi-même, à titre posthume, la récente distinction qu’il venait d’obtenir, celle de la Médaille d’Honneur communale, départementale et régionale.

Ce dont nous nous souviendrons aussi, c’est ce sourire juste esquissé, ce regard plaisamment malicieux, cette juste répartie, cette parole rare, souvent empreinte d’un humour à l’énième degré, parfois cinglante, mais jamais méchante.

C’est une figure de la droite creusoise, un gaulliste et un républicain, qui sans jamais en imposer, inspirera naturellement le respect et l’intégrité à tous.

Face à la maladie, il aura lutté de toutes ses forces et n’aura jamais rien lâché, et c’est encore dans son canton, à Mortroux, auprès de Guy Marsaleix, son remplaçant, que nous l’aurons vu, très affaibli, participer à sa dernière inauguration.

Tous très affectés, c’est avec une grande tristesse que nous nous associons à la peine immense de toute sa famille, qui perd un mari, un père, un grand-père, et nous un ami.

ADIEU Monsieur Gérard GAUDIN
Au revoir notre Gégé.