Le Département au cœur des solidarités

Chaque année, le Conseil départemental de la Creuse est partenaire du monde associatif qui participe au dynamisme du territoire et contribue à la mise en œuvre de sa politique sociale. Exemple avec « les Restaurants du cœur » que le Département soutient en 2019, à hauteur de 10 000€, au plus près des plus fragiles.

Le Département au cœur des solidarités

Gérard Rouchon, président des Restaurants du cœur Creuse, devant le portrait de Coluche, fondateur de l’association

Sur les murs de l’entrepôt guérétois se dresse le portrait de Coluche, comme un rappel de ce 26 septembre 1985, où l’humoriste lançait « sa petite idée comme ça » : créer une cantine gratuite reposant sur le principe de dons.
Trente-quatre ans plus tard, cette petite idée qui ne devait être que provisoire demeure l’un des symboles de la solidarité. Et c’est justement parce « les Restos » luttent contre la pauvreté et l’exclusion sous toutes ses formes que le Conseil départemental, au cœur de ses missions de solidarités humaines, leur apporte son soutien. Aider et accompagner les plus démunis par l’accès à des repas gratuits, telle est la mission des bénévoles de l’association.

Chaque année, près de 340 000 repas sont distribués en Creuse. Les denrées alimentaires proviennent de négoces, de dons, de ramasses dans les supermarchés, ou encore de la collecte du mois de mars qui clôture la campagne d’hiver et ouvre celle d’été. Une fois les denrées récoltées, elles sont entreposées dans un local, pour ensuite être redistribuées dans les 12 centres creusois. La distribution de l’aide alimentaire est accompagnée par les bénévoles. Ainsi, la personne accueillie choisit les produits parmi ceux qui lui sont proposés, de façon à composer un repas équilibré.

« La pauvreté ne recule pas »

 En Creuse comme ailleurs, cette aide est nécessaire. Gérard Rouchon, président de l’association depuis 2015 constate une hausse du nombre de bénéficiaires depuis quelques années : « Pour la campagne d’hiver 2018-2019, 1 742 personnes ont été acceptées pour l’aide alimentaire, soit une hausse de 6,20% par rapport à la campagne d’hiver 2017-2018 ».

En cause selon le président, « une pauvreté qui ne recule pas » et un phénomène migrant non négligeable. En effet, parmi les bénéficiaires de l’aide alimentaire, on retrouve des jeunes réfugiés, des demandeurs d’asile, auxquels s’ajoutent des personnes seules ou qui ont des petits contrats, et fait nouveau depuis quelques années, des personnes âgées dont la retraite ne suffit plus. « Les Restos du cœur » deviennent alors un moyen de lutte contre la précarité mais pas seulement.


Les bénévoles du centre de Guéret, prêts à venir en aide aux plus démunis.

Bien plus qu’un libre-service gratuit, l’association offre davantage : le retour vers l’insertion. Des liens se nouent entre les bénévoles et les bénéficiaires. Autour du coin café, les discussions s’entament. On trouve du réconfort, on sort de la solitude, on rompt avec l’isolement. Les bénéficiaires ont parfois un parcours de vie douloureux, sont rejetés de la société ou sont passifs dans leur vie. « Les Restos du cœur » offrent alors une porte d’entrée vers l’inclusion sociale des plus démunis et les accompagnent vers la réinsertion. « On amène les gens à se reconstruire, à trouver une place dans la société », affirme Gérard Rouchon. Un sentiment partagé par Line et Jeanne, bénévoles au centre de Guéret : « On aime se sentir utile pour les autres. On crée des amitiés et on apporte du bien être aux bénéficiaires ».

Tous les 4 ans, 70% de l’effectif change

En plus d’apporter une aide alimentaire, « les Restos du cœur » proposent également un vestiaire afin de trouver de nouveaux vêtements, mais aussi un accès à la culture, par le biais de places de cinéma, ou encore un accès accompagné à Internet, outil indispensable pour une réinsertion professionnelle réussie.
Des actions qui permettent aux bénéficiaires de sortir de la précarité. « Nous avons un turnover tous les 4 ans, où 70% de l’effectif des bénéficiaires change pour différentes raisons », explique le président de l’association. Il conclut : « quand on ne les voit plus, on est content ».

Les chiffres clés des Restaurants du cœur en Creuse :

- 12 centres  : Aubusson, Auzances, Bénévent-l’Abbaye, Boussac, Bourganeuf, Clugnat, Dun-Le-Palestel, Crocq, Guéret, La Souterraine, Royère de Vassivière, Chambon-sur-Voueize
- 1 entrepôt : Guéret
- 1 742 bénéficiaires pour la campagne d’hiver 2018-2019, pour l’équivalent de 127 252 repas servis
- 1 534 bénéficiaires pour la campagne d’été 2017-2018, pour l’équivalent de - 216 600 repas servis
- 171 bénévoles
Environ 340 000 repas servis chaque année