Anthony Boursaud et le Dakar : « Beaucoup de fierté, et un plaisir immense de passer la ligne d’arrivée ! »

Des étoiles plein les yeux et une médaille autour du cou. Après un premier Dakar qu’il avait été contraint d’abandonner la veille de l’arrivée, Anthony Boursaud vient de réaliser son rêve, terminer le rallye le plus célèbre au monde.
De retour en France depuis un mois, le pilote creusois, que le Département a soutenu pour l’aider à concrétiser son rêve, revient sur ses 12 jours de compétition dans le désert.

Anthony Boursaud et le Dakar : « Beaucoup de fierté, et un plaisir immense de passer la ligne d’arrivée ! »

Voilà maintenant un mois que vous êtes rentré d’Arabie Saoudite, quelles sont vos impressions sur cette course ?

Et bien forcément beaucoup de repos depuis. Après ça s’est quand même très bien passé dans l’ensemble, il y a eu 12 jours de course exactement. Donc les deux premiers jours, ça a été un petit peu compliqué pour moi car j’ai ressenti des douleurs au poignet assez fortes, ça s’est mis un peu à cogiter, à tourner en rond dans ma tête.
J’ai fait un passage au médical, où ils m’ont strappé, m’ont donné des bons médicaments.
Sur le reste de la course, il n’y a plus eu de douleurs, donc ça s’est quand même bien déroulé.

Lors de notre dernière rencontre, votre objectif était de terminer la course, et si possible dans les 20 premiers. Il y a forcément un peu de déception de ne pas avoir atteint ces 20 premières places ?

Oui, l’objectif principal était de finir, puisque l’année dernière malheureusement ça s’était mal terminé, donc le premier objectif il était atteint.
Après, oui effectivement, il y avait un objectif de top 20 que l’on s’était donné, on s’est très vite rendu compte que ça allait être compliqué, déjà avec les douleurs au poignet. Il y avait plus de pilotes, donc on a revu les objectif un petit peu à la baisse.

Qu’est-ce qui a été le plus dur pour vous dans cette course ?

C’était un tout. Le Dakar c’est le rallye le plus dur du monde. Ce qui fait la difficulté, c’est la durée de l’épreuve.
En plus, par rapport à l’Amérique du Sud, il y avait le climat qui rentrait en compte. On avait des températures négatives la nuit, -2°, -3°. Il faisait 0° jusqu’à 9-10h le matin, donc le matin quand on partait, on faisait 2-3 heures de route à 0°.
Mais voilà ce qui fait la difficulté c’est la durée, on a eu un désert quand même très complet, beaucoup de paysages différents. Une première semaine assez variée avec beaucoup de pierres au début, du sable par la suite et la deuxième semaine avec un désert très ouvert, qui ressemble beaucoup à l’Afrique.

Quelle course avez-vous préféré faire ? Celle au Pérou ou celle en Arabie Saoudite ?

Les deux étaient très bien, et sont très différentes.
J’ai bien aimé l’année dernière au Pérou, où il y avait beaucoup de sable. Cette année c’était beaucoup plus varié, il y avait de tout : du sable, des cailloux.
Non, les deux étaient très bien.

Vous parliez de votre douleur au poignet. Est-ce qu’il y avait dans votre tête le souvenir de la chute de l’année dernière et la crainte de retomber et de ne pas finir la compétition ?

Oui forcément, même si on sait qu’il ne faut pas penser à ça, parce que c’est difficile, et forcément dangereux, à risque, on le sait tous.
Forcément dans un coin de notre tête, on sait que l’on peut chuter, tomber et se faire mal.
Malheureusement ça m’a un petit peu gêné les premiers jours. J’ai eu une petite douleur qui est quand même très vite partie.

Vous parlez de tomber, malheureusement il y a eu un drame durant cette compétition. Quel était l’état d’esprit là-bas, et comment avez-vous repris la moto, le lendemain de ce décès ?

C’est très dur en tant que pilote, même si moi je n’avais pas de relations personnelles avec lui, je le connaissais, je voyais qui c’était. Tout le monde a été attristé de cette nouvelle.
Tous les pilotes et l’organisateur ont décidé d’annuler la journée du lendemain, ce qui était quand même une bonne chose, parce que c’est compliqué de repartir. On a pu se retrouver le lendemain, tous en discuter, et malheureusement passer à autre chose.

Comment ça se passe dans ces cas-là, vous en parlez entre concurrents ?

L’organisation et le directeur du rallye ont convoqué quelques pilotes élites, pour parler d’une décision, celle d’annuler l’étape du lendemain. Avec un petit noyau de français, on en a tous parlé le soir-même, et le lendemain on s’est retrouvé pour manger ensemble et discuter de tout ça.

Si vous deviez garder un souvenir de cette compétition, ce serait lequel ?

Il y a beaucoup d’anecdotes sur un Dakar, mais un souvenir précis…
Forcément l’arrivée : quand on passe la ligne de la dernière étape et que l’on sait que c’est fini et qu’on est au bout ! C’est vraiment un souvenir que je vais retenir.

On ressent quoi comme sensations à ce moment-là ?

Beaucoup de fierté parce que l’on sait le travail qu’il y a derrière pour réussir à boucler tout ça.
Beaucoup de fierté, et forcément un plaisir immense de finir, de passer la ligne d’arrivée !

Comme dit l’adage, jamais 2 sans 3. L’année prochaine on vous retrouvera sur la ligne de départ ?

(Rires !) C’est encore trop tôt. Mais c’est sûr, l’envie est là, forcément. Mais non, pour l’instant c’est encore un petit peu tôt… Mais l’objectif est vraiment d’y retourner, ça je ne vais pas vous le cacher !

 
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