« Les Jeunes Sapeurs-Pompiers, c’est comme une famille »

Matéo THOMAS a quinze ans, il est jeune sapeur-pompier (JSP) au centre de Guéret depuis ses 13 ans. Issu d’une famille de sapeurs-pompiers volontaires, c’est tout naturellement qu’il a décidé de s’engager.

Légende : Matéo Thomas, Jeune sapeur-pompier, entouré de capitaine Soline Remond, cheffe du Centre de secours de Guéret, et le lieutenant Philippe Desvillettes, en charge des JSP de Guéret.

Comment as-tu découvert les JSP ?
M.T. : Je connais ce milieu depuis que je suis tout petit. Mon père est volontaire et j’ai toujours eu envie de faire ce métier. Je me suis rendu à une journée portes ouvertes à Guéret. Les ateliers m’ont plu et j’ai décidé de proposer ma candidature.

Que représente pour toi cet engagement ?
M.T. : La cohésion, l’esprit d’équipe, la solidarité, pouvoir aider les autres.
Les JSP c’est une sorte de famille des pompiers. Quand on y est, on s’entend bien, on passe une bonne matinée.

Quelles sont les manœuvres que tu préfères faire ?
M.T. : Les manœuvres incendie. C’est plus physique, ça bouge. On est en binôme, on reste toujours avec la personne avec laquelle on manœuvre.
Si l’un a un coup de mou, l’autre le rebooste.

Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite à s’engager ?
M.T. : N’aies pas peur, ça va bien se passer !

Jeunes sapeurs-pompiers : l’exemple de la Caserne de Guéret

Comme Matéo Thomas, douze autres jeunes sapeurs-pompiers sont intégrés à la caserne de Guéret. La capitaine Soline Remond, cheffe du Centre de secours de Guéret, et le lieutenant Philippe Desvillettes, en charge des JSP de Guéret nous expliquent le fonctionnement au sein de leur centre.

Philippe Desvillettes : « Au départ, il y a une sélection : un peu d’écrit, des mathématiques et un peu de sport.
Ensuite, pour la première année, c’est la découverte de la vie d’une caserne, comment ça se passe : les gardes, les grades, qu’est-ce qu’un pompier volontaire, qu’est-ce qu’un JSP… On va à leur rythme.
La deuxième année, on rentre dans le vif du sujet avec la découverte du matériel. Là ça devient plus concret pour eux. A la fin de la deuxième année, on leur fait un petit contrôle pour les évaluer sur les choses qu’ils ont apprises.
La troisième année, ils commencent à manœuvrer : masque ARI, bouteille ARI, tuyaux… à la fin ils font un petit examen pour voir s’ils peuvent passer en quatrième année. Cette dernière année est consacrée aux manœuvres et se termine par un brevet
 ».

Si la formation de ces futurs pompiers se déroule le samedi matin, la section de Guéret a mis en place cette année des après-midis rattrapages. En effet, les jeunes sapeurs-pompiers brevetés qui n’ont pas encore l’âge de passer sapeur-pompier volontaire (16 ans) ont ainsi pu se rendre les mercredis après-midis à la caserne, afin de passer plus de temps avec les professionnels ou volontaires déjà en poste. Ces moments de partages et de convivialité facilitent leur future intégration en tant que volontaire.
Une fois le cap des 16 ans passé, les jeunes sapeurs-pompiers peuvent faire le choix d’intégrer l’équipe des sapeurs-pompiers volontaires.

Soline Remond : « A Guéret, nous avons 5 équipes de sapeurs-pompiers volontaires. Lorsque les jeunes basculent chez nous, nous désignons des tuteurs qui répondent à leurs questions. En général, on essaie de mettre des gens qui sont rapprochés en âge pour faciliter la communication. Le but ce n’est pas qu’ils soient livrés à eux-mêmes ou démunis au moindre souci ».

Véritable charnière primordiale, les JSP sont en effet indispensables au bon fonctionnement d’un SDIS : « Les jeunes, il faut les mettre à l’honneur, l’engouement est toujours là. C’est la relève, c’est le futur du SDIS », explique la capitaine Remond qui salue l’engagement des jeunes : « C’est vraiment une école de valeurs, de savoir-vivre, une école de citoyenneté. Les jeunes, même s’ils ne restent pas dans la corporation, ils sont dans l’engagement citoyen. Notre jeunesse a envie de s’engager, il faut avoir confiance en elle », conclut la capitaine.

En Creuse, il existe 8 sections locales de jeunes sapeurs-pompiers : La Souterraine, Méasnes, Le Grand-Bourg, Bourganeuf, Guéret, Aubusson, Ahun / Pontarion / Chénérailles et Nord / Est Creuse.
Vous pouvez vous rendre dans ces centres pour plus d’informations.
Mail : contact@adjsp23.fr

Tempête sur Pontarion

En mars dernier, une tempête a surpris les habitants de Pontarion, laissant sur son passage d’innombrables dégâts. Sur place, les agents* d’exploitation du Conseil départemental ont été les premiers à intervenir, afin de déblayer les routes. « Si eux ne sont pas là, on ne peut pas intervenir, il y a vraiment une complémentarité forte », confie la Colonelle Stéphanie Duchet.

Au total, 200 interventions ont été comptabilisées pour cet épisode climatique, mobilisant à la fois des pompiers de tout le département, mais également des renforts extra départementaux. Un an auparavant, c’était le sud creusois qui était touché par un violent orage de grêle. « Ce retour d’expérience nous a appris à agir plus vite, à mieux dimensionner le temps nécessaire pour couvrir une toiture, ou encore à mieux s’organiser en matière de logis tique, pour récupérer des matériaux », précise la Colonelle.

Un retour d’expérience sur le plan technique mais aussi humain. « Nous avons tiré des leçons en matière de sécurité, de prise en compte de la fatigue et des conditions météo, telles que le vent ou la pluie. Il ne faut pas mettre en danger nos pompiers lorsque l’urgence n’est pas avérée », conclut la Colonelle Duchet.

*Les agents du Conseil départemental ont été félicités et remerciés lors de l’Assemblée Départementale du 23 juin dernier.

Publiée le 12 juillet 2023
 
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